Aujourd'hui dimanche, Kevin Yohou passe me prendre à l'hôtel en compagnie de Christian Mésenge et de sa famille, Adélaïde et les trois beaux enfants. Direction restaurant Le Débarcadère, une terrasse en bordure de la Lagune, juste de l'autre côté du pont Charles-de-Gaulle.
On s'installe sous de grands parasols, dans des fauteuils-barils de métal, très originaux. C'est un endroit plein de surprises sur le plan design. Il y a également un petit parcs d'amusement, très apprécié des enfants. Quant à Christian, il ne peut s'empêcher d'admirer le paysage en attendant le repas, encore très copieux et typiquement africain que nous dégustons avec une bonne bière locale.
L'après-midi se déroule tranquillement, avec des enfants toujours fascinés par les comptines diffusées sur le téléphone de papa, dont la bien connue Tous les crocrocros, les crocrocros, les crocodiles, sur les bords du Nil ils sont partis n'en parlons plus! Le plus drôle, c'est que Kévin, ex-étudiant de l'Université Senghor, Christian, ex-directeur du Département Santé et moi, toujours professeur associé, sommes d'une certaine façon liés à ces bords du Nil.
Comme le bagage de Christian n'est pas arrivé en même temps que lui hier soir (ce qui explique son arrivée tardive), on passe par l'aéroport pour apprendre qu'il ne sera pas livré avant lundi. On se dirige alors vers l'appartement des Yohou pour y déposer Adélaïde et les enfants avant d'accompagner Christian dans un centre commercial pour y acheter quelques vêtements en attendant.
Puis on se dirige vers un petit bar sympa pour prendre une bière de fin d'après-midi. On y parle du programme de la semaine, avec la formation qui commence lundi matin à l'Institut national de Santé publique, des congés musulmans qui risquent de perturber un peu l'horaire... il n'y aura donc pas de formation mardi matin, mais on ne sait pas encore pour vendredi, puisque c'est l'apparition de la Lune, jeudi ou vendredi soir, qui déterminera quel jour ce sera la fête!
Je termine finalement la soirée avec Mamadou Doumbia Junior, un ancien étudiant de la formation à Ouagadougou il y a quelques années. Nous sommes toujours restés en contact et nous avons planifié une conférence que je donnerai jeudi à 16 h à la Mairie du Plateau, à quelques pas de l'hôtel. Ce sera donc une semaine assez chargée... car on finira plus tard chaque soir afin d'offrir malgré tout les 30 heures de formation prévues.
Samedi 11 juillet, un peu de travail, un peu de tourisme
Après un peu
plus de cinq jours très occupé à donner l’atelier de marketing social, mais
aussi quelques messages non répondus à cause de la connexion Internet très
lente, j’ai un peu de rattrapage à faire dans des dossiers québécois. Un peu de
suivi du tournage que j’ai réalisé avant de quitter Montréal, qui est
maintenant en montage chez Jean-François Hamelin (Films Reverber), mais aussi
avec un nouveau contact : une rencontre prévue déjà le 22 juillet pour un
mandat fort intéressant, dont je reparlerai certainement sur Facebook si ça se
concrétise. Aussi quelques mises à jour pour le Centre de pédiatrie sociale Main dans la main et le Festival de
violon traditionnel de Sutton.
J’ai aussi
préparé ma première journée de formation pour lundi. Comme Christian Mésenge,
mon ex-directeur du département Santé de l’Université Senghor qui a été le
premier à m’engager en 2005 pour enseigner le marketing social à Alexandrie, en
Égypte, arrive aujourd’hui, j’ai voulu prendre de l’avance. Le sujet abordé
cette semaine étant la nutrition, je m’inspirerai certainement de la formation
donnée à Cotonou, au Bénin en 2012, sous la gouverne d’Hélène Delisle, du
département de nutrition de l’Université de Montréal, qui a aussi donné des
formations en Égypte. C’est Christian qui nous avait mis en contact l’un et
l’autre, alors que nous ne nous connaissions pas malgré le fait que nous sommes
presque voisins à Sutton!
En après-midi,
j’ai donc pris la direction de la lagune à pied, plus précisément de l’endroit
que je vois de ma chambre à l’hôtel. Après une vingtaine de minutes de marche,
je découvre un petit marché local, sans touriste. Je déambule lentement alors
que je suis abordé par un sculpteur, qui m’invite à visiter les ateliers, juste
à côté de l’endroit où je me trouve. Je suis donc Simpliste, c’est son nom,
dans un sentier aux alentours remplis de copeaux de bois, résultat du travail
de tous les artisans.
Il m’explique
que cet endroit est stratégique puisqu’il est situé juste à côté d’un parc où
sont livrées des pièces de bois, dont certaines seront livrées en Europe, comme
cet énorme morceau d’acajou, à côté duquel il a bien accepté de se faire
photographier. D’autres pièces sont dégrossies et travaillées ici-même par les
sculpteurs locaux. Je me trouve vraiment au cœur d’une équipe de travailleurs,
chacun ayant sa spécialité, de la première taille jusqu’à la finition.
Il m’amène vers
l’atelier d’un ami. Ils sont deux à travailler, l’un sur un masque lunaire,
semblable à celui que j’ai déjà à la maison, l’autre à une longue statuette
représentant un membre de la marine française, si j’ai bien compris. On
m’explique qu’on copie ici des œuvres régionales, aussi exactes que les
originales. À noter qu’il n’y a aucune pression pour que j’achète, ce qui est
apprécié. Maintenant que je connais bien l’endroit, j’y reviendrai peut-être
avec Christian, qui est un collectionneur de ces statuettes effilées, plus tard
cette semaine. Pour ma part, ce sont vraiment les masques qui m’intéressent.
Je suis revenu
tranquillement à l’hôtel, me faisant saluer régulièrement par les gens que je
croise. On se sent bien dans ces conditions. En écrivant ces lignes, j’ai reçu
un « texto » de Kévin qui est en route pour l’aéroport pour y
chercher Christian. Comme il n’est pas dans le même hôtel que moi, ils
arrêteront me voir en passant… À suivre.
Vendredi 10 juillet, déjà la fin de l'atelier à Krindjabo
Cinquième
journée. Présentations finales. Comme cela se passe rapidement cinq jours
d’atelier consécutifs. J’ai l’impression qu’on vient à peine de commencer que
c’est déjà la fin! Les trois équipes sont fébriles et se lancent tour à tour,
argumentant leurs stratégies, justifiant leurs choix, défendant leur création.
En peu de temps, on est passé de « C’est
quoi du marketing social? » à « Voici
notre campagne sociétale » pour contrer Ebola à l’hôpital, dans les
postes frontières ou dans les écoles. Trois groupes cibles bien déterminés,
trois stratégies spécifiques avec des stratégies médias différentes et des
concepts adaptés aux personnes visées.

L’équipe 3, de
son côté, a terminé avec un chant et une danse : « Ebola, loin de nous, grâce
à l’École (trois fois) Loinnnnn, loinnnnn, loinnnnn! » Ce qui
amène plein de sourires et de rires, suivis des traditionnels « 3
claps » d’applaudissements. Chaque présentation est suivie d’une période
de questions et de commentaires. Ça joue serré dans les coins. Les représentants
des deux autres équipes remettent plusieurs éléments en jeu. Je dois alors
intervenir pour expliquer qu’en quatre jours, on a bien travaillé, mais qu’il
reste certainement des stratégies à fignoler avant de passer à des
présentations officielles auprès des décideurs.
Après trois
heures de discussions, on met finalement un terme aux ateliers et on passe à la
cérémonie de clôture. Les officiels de l’ouverture n’étant pas présents, ce
sont des représentants qui prennent la parole pour remercier les participants
de leur dynamisme et de la qualité de leur travail et de leurs interventions.
Je félicite également tout le monde de la qualité du travail
accompli et du plaisir toujours renouvelé d’animer ces formations depuis
quelques années. On me remet aussi un portrait qui a été réalisé par Xavier…
comme j’ai engraissé! C’est ainsi qu’on me voit? J’ai l’impression d’avoir
plein de plis dans le cou. Dur, dur les caricatures J
Dernier repas
collectif (comme je semble apprécier les petites crêpes dessert, on m’en
enveloppe quelques-unes pour que je les apporte avec moi… quelle attention!)
chargement des bagages…
Et c’est reparti pour Abidjan, où je donne une nouvelle
formation lundi. On y parlera de nutrition. Mon ami Kévin m’apprend cependant
qu’il y a un congé musulman mardi. La formation risque donc de se réaliser sur
quatre jours au lieu de cinq, même si tous les participants ne sont pas de
cette religion. Je dois donc déjà commencer à réfléchir à l’aménagement de mon
temps. Des journées allongées? Mon avion décolle vendredi soir, je ne peux donc
pas recevoir les présentations le samedi… à suivre!
Chemin faisant,
nous rencontrons plusieurs conditions de route… du temps gris, de la pluie, des
percées de Soleil. J’arme ma caméra à la très haute vitesse et je mitraille
littéralement quelques scènes qui se présentent à moi alors que la voiture est
en mouvement.
Je fais le ménage dans tout ça et j’arrive à cadrer quelques
images intéressantes. On s’arrête aussi à quelques reprises pour acheter, entre
autres, des champignons et des ananas. Il y a en effet quelques spécialités
régionales que certaines personnes ne veulent pas manquer.
C’est vendredi
après-midi. Plus on approche d’Abidjan, plus les panneaux publicitaires, dont un très spectaculaire, et plus la circulation se densifie, comme
dans plusieurs grandes villes de la planète. On suit parfois des camions qui
dégagent des odeurs suffocantes… est-ce ce qu’ils transportent, comme du
caoutchouc, ou le mauvais ajustement de leur moteur diesel, ou les deux!
Malheureusement, la pollution est présente partout, ici comme ailleurs. Il y
aurait d’importantes campagnes à faire, à part la santé, sur l’environnement,
la gestion des déchets, le développement durable. Plein d’avenir pour le
marketing social, à la condition que les gouvernements s’y engagent, naturellement.
Arrivée à
l’hôtel Ibis Plateau Abidjan. Kévin m’accompagne, comme tout gentil
organisateur. Une fois installé, avec une nouvelle vue extérieure plus agréable, je suis surpris de constater que la connexion
web est parfois instable ici aussi. Je me déplace entre la chambre et le hall
d’entrée. Je reprends une bière à trois fois le pris de celle du maquis Chez Jacko. Je mange le pire hamburger
de ma vie. J’aurais dû choisir le buffet avec mets traditionnels, mais après
une semaine de ce régime à l’Auberge Akwaba, j’ai succombé et je me suis
trompé. Je me couche vers 23 h… demain, mon ami Christian Mésenge, celui-là même
qui m’a engagé en 2005 à l’Université Senghor, arrive à son tour à Abidjan,
comme partenaire de l’Institut de Santé publique.
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